
ou les chroniques de la construction d'un paquebot
sur les bords de la Meuse.
9 mars 1998
| Un architecte pas comme les autres Jan PORREYE (41 ans) est ingénieur architecte. C'est lui qui a dessiné les plans du bateau. Il commença sa carrière par la restauration de bâtiments. Le goût de l'étranger le conduisit à Munich pour un stage. A son retour en Belgique, il travailla pour les chantiers navals de Maasmechelen (Limbourg belge). Il y participa à la réalisation de gros bateaux pour passagers, destinés à l'Égypte. Le dernier de ces bateaux fut terminé en 1989.
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En-dessous de l'immense viaduc de l'autoroute des Ardennes, le long de la Meuse, lorsque l'on approche des chantiers navals de Beez, on est d'abord surpris par le fracas des tôles que l'on façonne. J'entre dans l'immense hangar où se construit le Renoir. Je remarque d'abord au travers d'un hublot rond découpé dans le métal brut, des gerbes de feu. Un soudeur assemble les superstructures qui formeront bientôt la coque du navire.
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| Jan Porreye a toujours essayé de soigner l'aspect extérieur du bateau, avec une ligne qui ne sera pas exagérément moderne, mais surtout pratique et de bon goût.
-"les petits fleuves, comme le Neckar ou la Moselle, nous dit-il, sont souvent plus attractifs que les grands. Il faut donc prévoir des solutions technologiques pour que les bateaux puissent naviguer dans des circonstances difficiles (pont très bas, cours d'eau étroit). Dans le cas du Renoir, le poste de pilotage peut descendre entièrement dans le bateau au moyen de vérins hydrauliques."
-"Ce fut l'expérience la plus intense de ma carrière, nous dit-il. On avait quitté Rotterdam par une mer très calme. La météo était favorable. Le bateau était tiré par un remorqueur, car il ne peut pas naviguer par ses propres moyens en mer. On s'est retrouvé subitement avec un gros coup de grain à 42 miles de la côte. Cela nous mettait à six heures d'un port d'abri. Ce bateau très long et étroit n'est pas fait pour de telles conditions. Je suis descendu dans le double fond, en dessous des cabines. Je voulais savoir comment la coque allait se comporter dans des conditions aussi extrêmes. Je voyais les vagues arriver et onduler sur les tôles. Heureusement, le "Douce France" à rejoint Vlissingen sans avaries, preuve de la qualité du travail réalisé par les chantiers de Beez et Jan Porreye peut continuer a surveiller la construction du Renoir depuis son petit bureau encombré. |
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